PJCG #2 – Beach Boys (By Bertrand)

En préambule, petite présentation de Bertrand Saint-Lager. Le chargé de communication du TNT Festival est aussi un passionné de musique, puisqu’il en écoute et surtout, qu’il en joue avec beaucoup de groupes. Vous avez pu le voir avec Ulysses, et vous pourrez le voir à Theizé Plaisir 2015 avec Plaisir 80. Mais en attendant, il vient nous expliquer, pourquoi il aime ce groupe. 

« Quel est ton groupe préféré ? ». Voilà bien une question à laquelle une bonne partie des amateurs de musique (et en particulier les indécis de ma trempe) aimeraient ne jamais avoir à répondre. En ce qui me concerne, j’ai même eu la faiblesse de croire que j’y avais échappé, pensant naïvement que mon âge avancé me dispenserait de telles interrogations.
Et pourtant, elle me fut lancée de la façon la plus nonchalante qui soit par une pomme du nom de Granny (et je ne saurais dire si cela vient du fait qu’elle porte le nom d’une barre énergisante, mais croyez-moi, elle l’a lancée fort !)

Pris au dépourvu, et dénudé de tout semblant de réponse, je dus me résoudre à passer mon tour, et croyez-moi, ce fut aussi douloureux que d’échouer au bord d’un 4 à la suite (les vrais, et certainement ma grand-mère aussi, comprendront ce que j’ai ressenti). C’est alors que, marchant par une belle fin d’après-midi de printemps, toute tentative d’objectivité m’abandonna, doucement balayée par la douceur du vent et les rayons du soleil ; et la réponse m’apparut comme un évidence : les Beach Boys !

Ceux qui apprécient les Beach Boys autant que moi comprendront aisément les considérations climatiques qui ont conditionné ma réponse. En effet, chaque année, le retour des beau jours signifie pour moi deux choses : la nécessité d’une visite chez le pharmacien pour faire face aux allergies, et une envie presque irrépressible d’écouter les Beach Boys.

Il serait aisé de penser que l’œuvre de Brian Wilson et de ses compères (pour rappel, il a monté le groupe avec ses deux frères Carl et Dennis, Mike Love et Al Jardine) se limite à une surf music simple et joyeuse, dont les textes se cantonnent à parler de filles, de surf, et de voitures. Et d’ailleurs, que mal y a-t-il à cela, puisque c’est en partie vrai ? Des titres tes que Fun Fun Fun, Surfin’ USA, Surfin’ Safari, 409 et Then I Kissed Her en sont de parfaits exemples, et sont autant de compositions dont les 5 californiens n’ont pas à rougir ! Parce que finalement, c’est pour ça qu’on aime les Beach Boys, qui ont été précurseurs dans cet art typiquement californien de faire rimer musique avec vacances, brise marine et sable chaud. Dès les premiers accords, c’est l’été, et on se laisse emporter par cette légèreté naïve qui pourrait être tellement insupportable si elle n’était pas aussi savamment orchestrée.

Car oui, derrière cette apparente simplicité se cache un véritable génie créatif : celui de Brian Wilson, un garçon à la santé mentale fragile, mais au talent indéniable, qui a composé la quasi intégralité des morceaux du groupe. Et outre ceux cités un peu plus tôt, on trouve dans leur discographie bon nombre de petits chefs d’œuvre, à l’instar de Help me Ronda, I Get Around, Don’t Worry Baby, ou le célèbre et surprenant Good Vibrations. La recette reste la même, à base de sable chaud et de Californie, mais on y trouve des structures plus alambiquées, des mélodies plus riches ; et cette science de l’harmonie vocale inhérente à l’œuvre des Beach Boys y est magnifiée.

Mais comment parler d’eux sans évoquer Pet Sounds, qui se pose comme un point culminant non seulement dans leur carrière, mais aussi dans le paysage musical. Pièce maitresse de l’œuvre des Beach Boys, Pet Sounds débute sur un Wouldn’t it Be Nice éclatant de simplicité, avec l’énergie souriante propre aux cinq californiens. Mais alors que tout laisse à supposer que l’on s’apprête à reprendre une nouvelle vague de surf music, on se retrouve plongés dans une pop douce et emprunte de nostalgie. Les Beach Boys vous avaient fait voyager sur les plages de sable chaud ? Ils vous offrent maintenant un magnifique coucher de soleil au coin du feu, avec pour fond sonore le doux bruit des vagues ! Les titre s’enchainent sur un fond de mélancolie sucrée des plus agréable, ornée comme d’habitude par les prouesses mélodiques et harmoniques d’un Brian Wilson des plus inspirés.

Vous vous en doutez, ça n’est pas vraiment l’objectivité qui me caractérise lorsque je parle des Beach Boys, mais je pense au demeurant pouvoir affirmer sans sourciller qu’objectivement, rien n’est à jeter dans cet album qui pourrait aisément prétendre toucher à la perfection. Il est notamment sublimé par l’enchainement du magnifique Sloop John B, et de God Only Knows qu’on ne présente plus ! Paul McCartney lui-même disait au sujet de cette dernière qu’elle était selon lui « la plus belle chanson pop jamais écrite »… et en termes de pop, le garçon sait de quoi il parle ! Est-il vraiment nécessaire d’ajouter un commentaire ?

Pour revenir à des considérations plus personnelles, le premier CD que j’ai eu de ma vie était un Best Of des Beach Boys, et force est de constater que cela a laissé en moi une emprunte indélébile (prends-en de la graine Velleda ©) ! Les Beach Boys font partie de ces groupes intemporels que l’on prendra toujours plaisir à écouter et réécouter. J’irais même plus loin en disant qu’eu égard à la richesse de leur musique, chaque nouvelle écoute peut devenir une redécouverte, tant il est possible de déceler de nouvelles subtilités, et d’éprouver de nouvelles sensations. En tout cas, pour moi c’est comme ça que ça se passe, et ça se passe tous les étés…

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