Music Monday #130 : Alexis Marshall – Hounds in the Abyss

“Enfin”. C’est sans aucun doute le mot qu’ont dû prononcer bon nombre de fans du groupe américain culte de la scène Noise, Daughters. Mais ce ouf de soulagement ne s’avère pas être en lien direct avec le quatuor. Ce dernier fut provoqué par l’annonce tant attendue du premier album solo de son frontman : Alexis Marshall. Ce premier opus est nommé House of Lull. House of When, et paraîtra chez Sargent House Records. Cette nouvelle s’accompagne d’un single ainsi que d’un clip, dans lesquels la rédaction de Granny Smith vous propose de plonger. Bienvenue dans le 130ème chapitre de Music Monday.

La délivrance se dégageant de cette promesse s’avère être issue d’une longue, voire très longue attente. La voix de la formation originaire du Rhode Island avait déjà officiellement avancé qu’un album sous son propre nom était en préparation en août dernier. Cela aura donc mis pratiquement une année entière à être peaufiner. Un premier morceau unique était par ailleurs déjà sorti fin 2020, intitulé “Nature in Three Movements”. Permettant dès lors de faire patienter toute la fanbase de l’artiste. Mais ici, ce nouveau single est accompagné d’une date de sortie officielle et précise, le 23 juillet 2021.

Cette piste promotionnelle, appelée “Hounds in the Abyss”, s’inscrit directement dans le style d’Alexis Marshall. Les fans de Daughters ne seront donc absolument pas désabusés par cette dernière. On retrouve une base reposant sur des percussions très droites, froides et archaïques. Accompagnées par une ligne instrumentale déstabilisante et bruitiste. Le chant du vocaliste de Providence demeure toujours être focalisé sur un ton monotone, austère. Articulé de manière à provoquer un certain malaise. Il faut dire que le style adopté est très loin des carcans auxquels on nous a toujours habitués. Il peut même paraître comme hors de la clé du morceau, tant il peut être erratique et ailleurs.

Crédit photo : Jeremy W.

L’ambiance du morceau demeure très incertaine, comme si un danger très sérieux et sombre planait au-dessus de nous. Les paroles suivent d’ailleurs totalement cette tendance. Ces dernières décrivent un questionnement interne, à propos de quelqu’un qui semble se tenir bien trop proche de notre narrateur. Une personne l’observant la nuit, restant proche de son domicile lorsque personne n’y est et se tenant bien trop proche de ses pairs. L’atmosphère est terriblement malsaine et très inquiétante. La dissonance mélodique vient arguer ce constat. Donnant place à une piste dérangeante. Mais cet aspect vient se mêler à un clip d’une grande sobriété. Tout de noir et blanc, présentant Alexis Marshall, chantant son psaume dans un calme olympien. Sur un fond clair, comme si cet espace représentait l’esprit du dit vocaliste, alors en pleine réflexion. Se demandant qui peut être cet individu le suivant partout.

Cette interprétation n’est très certainement pas celle pensée par l’artiste américain. Derrière ce constat se cache un fait simple : il n’est pas le seul crédité à la composition de “Hounds in the Abyss”. On retrouve notamment parmi les auteurs sa compagne, Kristin Hayter, plus connue sous le nom Lingua Ignota. On y retrouve également Jonathan Syverson, le batteur de Daughters et Evan Patterson, membre de Young Widows. On peut donc se douter que toutes les idées présentes dans cette piste ne viennent pas de son interprète. Laissant alors présager d’éventuelles surprises stylistiques au sein de House of Lull. House of When. Même si l’on sait que ces trois collaborateurs évoluent dans le même milieu artistique que notre sujet du jour.

Cette piste demeure être un extrait permettant de créer un véritable argument pour nous faire attendre un album d’une grande qualité. Celui que l’on attendait au tournant avec ce projet solo semble vouloir en découdre et proposer à ses auditeurs tout aussi sombre et dérangeant que ses précédents travaux. Pour savoir si cette entreprise sera une réussite ou non, rendez-vous le 23 juillet prochain. En espérant avoir le droit à une œuvre bouleversante et aussi entêtante que son premier extrait.