Graveyard – Peace

Une petite chronique d’album sur un groupe suédois de retour en mai. Sauf qu’ils n’ont pas besoin de masques et d’apparat pour créer une ambiance.

Par un sombre jour de septembre 2016, l’annonce est tombée. Graveyard stoppe tout, y compris sa tournée en cours. Stupeur chez les fans qui vont se consoler avec Innocence & Decadence alors sorti 1 an avant. Et puis, en janvier de l’année suivante, un message. Exit Axel Sjöberg, arrivée d’Oskar Bergenheim derrière les futs. Le quatuor est de retour et pour fêter ça, un cinquième album nommé Peace.

Il y avait forcément de l’attente. Graveyard a su en 4 sorties imposer sa patte dans cette scène du revival 70’s qui commence légèrement à saturer. Sa force résidant surtout dans la voix de Joakim Nilsson. Cet espèce de cri éraillé qui permet directement de reconnaître le groupe. Soyez rassurez, son organe se porte très bien. Et ce dès le premier titre, le non innocent « It Ain’t Over Yet » qu’on peut traduire par « C’est loin d’être fini ». Manière de rassurer les fans que ça soit avec ce nom, ou bien la chanson qui est sur un tempo rapide. Le quatuor avait envie de montrer qu’ils avaient encore faim de jouer, et de créer. 3 minutes et 39 secondes qui suffisent à nous rassurer.

Derrière, on enchaîne avec « Cold Love » qui ne refroidit pas nos ardeurs. C’est surtout le refrain qui sort du lot avec la voix de Nilsson qui est portée par celles de ses compères en arrière plan. En plus du riff qui est dans une sorte de montée en puissance, effet que l’on ressent sur la fin de la chanson quand cette partie est jouée pendant 2 minutes. Pour faire retomber la pression, « See The Day », ballade magnifique chantée par le bassiste, Truls Mörck, qui montre tout au long de ce Peace, qu’il est un très bon bassiste, capable d’envoyer du groove par paquets de 100. D’ailleurs, un mot sur le nouveau batteur qui est juste excellent dans son type de jeu. Le recrutement est réussi.

Get Back, For More

Quoi de mieux pour repartir que le single « Please Don’t « ? Voilà 2 mois que ce son a été dévoilé et pourtant, aucune lassitude. Le riff est toujours aussi bon, les parties de batteries au top, le cou headbang tout seul, le solo est énorme. C’est une putain de chanson. Après ça, « The Fox » et ses faux airs de « About A Girl » de Nirvana. Mais c’est une chanson efficace ou les guitares sont les maîtresses de cérémonie.

Deuxième partie de l’album, « Walk On ». Pour la faire courte, Graveyard attaque avec du très lourd. Chanson qui part comme un western pour se calmer au bout de 3:30 pour mieux revenir doucement. D’abord la batterie, puis la basse, et enfin, les guitares. Qui se répondent, et le tout augmente, jusqu’à exploser pour un dernier refrain jouissif. Heureusement, pour calmer le jeu, une nouvelle très belle ballade. « Del Manic » est cette fois portée par Nilsson et est un brin plus énervée que « See The Day ». Et ça colle parfaitement au timbre de voix du gazier.

On retrouve l’ami Mörck au chant pour « Bird Of Paradise » qui est la plus faible de l’album. Loin d’être un mauvais morceau, on va dire que c’est un titre qui fait le café, et qui nous prépare à une fin dantesque. Tout d’abord avec « A Sign Of Peace » qui démarre sur un rythme similaire au morceau d’ouverture. Puis, arrivé à 1 minute du terme, on tombe dans un stoner bien fuzzé et bien méchant. Le genre de passage qui donne envie de se balancer de tout son corps en suivant la mesure. Enfin, « Low (I Wouldn’t Mind) ». On commence sur un bourdon, puis ça monte tout doucement avant que la machine se mette en route. Et frénétiquement, on a envie de suivre la batterie. Et puis, on croit que c’est fini, jusqu’au retour du bourdon et le groupe repart de plus belle pour 1:30. On en vient à espérer voir ce titre en live, tant il peut donner lieu à des sessions de jam endiablées et furieusement longues.

Vous l’aurez donc compris, cet album de Graveyard est une franche réussite que l’on vous recommande. Les Suédois sont de retour plus frais que jamais avec une formule toujours aussi efficace. Un voyage dans le temps pendant 43 minutes. On en redemande sans sourciller.