Rush – 2112

Quand on vous dit Rock Prog, ou simplement Prog, votre esprit pense directement à Pink Floyd, Yes, King Crimson, Emerson Lake & Palmer voire Genesis. Mais les musiciens et les connaisseurs savent qu’il existe un groupe à la qualité musicale incroyable et n’ayant pas le reconnaissance des groupes cités ci-dessus. Un groupe venant du pays où désolé est le mot le plus utilisé, je parle bien évidemment du Canada.

Il nous était impossible de rater les 40 ans d’un des albums les plus mythiques du prog et de la musique en général. Sorti le 1er avril 1976 par le trio Rush, 2112 a marqué une époque, a fait basculer le groupe dans une autre dimension. Et on va tenter d’expliquer pourquoi.

4ème production de Rush, 2112 était un risque pour les Canadiens. En effet, ils sortent tout juste d’un échec commercial avec Caress of Steel, composé notamment de « The Fountain of Lanmeth » premier morceau épique du trio, remplissant toute une face des vinyles avec sa durée de 20 minutes. On a d’ailleurs reproché à l’album la présence de ce genre de chansons, ce qui aurait provoqué l’échec en terme de vente. C’est donc tout naturellement qu’ils décident de se foutre de l’avis des maisons de disques puisque la face A de 2112 comporte la chanson « 2112 » qui dure 20 minutes et 34 secondes. Ils auraient pu pousser le vice à ce qu’elle dure 21 minutes et 12 secondes, mais bon, on y reviendra plus tard, passons à la face B d’abord.

Et pour l’époque, on retrouve des morceaux classiques pour Rush avec « A Passage to Bangkok », qui parle d’un trajet à travers différents pays, et avec de nombreuses mentions à certaines substances illicites. Un titre très radiophonique avec sa durée parfaite, son riff entrainant et la voix aigüe caractéristique de Geddy Lee. Après c’est « The Twilight Zone » plus calme, planante, mais pas moins belle. Une face qui continue avec « Lessons » qui est plus rock n’roll, à l’image des premiers albums du trio. On finit avec la ballade « Lessons » et « Something For Nothing » qui est la-aussi, très caractéristique des chansons de Rush à leurs débuts. Très rock n’roll avec un solo incroyable d’Alex Lifeson. Bref, une face B fantastique, mais qui est souvent éclipsée par la face A.

Car oui, c’est cette face A qui a fait rentrer Rush dans l’histoire. Un monceau de légende de plus de 20 minutes qui raconte une histoire se passant, vous l’aurez deviné, en 2112. Écrites par Neil Peart, comme la majorité des textes du groupe, les paroles racontent un monde dystopique où l’art a été banni par les prêtres du Temple de Syrinx. Un jour, un homme découvre une guitare, en joue et va présenter ça aux prêtres du temple, qui décident de détruire son instrument. Le héros se met à rêver d’un monde libéré mais en se réveillant il se suicide. La dernière partie se passe lors de l’attaque de la fédération par une autre entité. La toute fin se compose de 2 phrases « Attention all planets of the Solar Federation: We have assumed control », qui laisse la place à diverses interprétations. Victoire de la Fédération ou des assaillants ? Outre son histoire incroyable, « 2112 » est musicalement un chef d’oeuvre qui se doit d’être écouté plusieurs fois pour bien comprendre toutes les différentes parties.

Pour revenir sur la dernière phrase de la chanson, il faut savoir que « Attention all planets of the Solar Federation » est prononcée 3 fois, et qu’il y’a 7 mots, ce qui donne le chiffre 21, et que « We have assumed control » compte 4 mots et est prononcée 3 fois, ce qui donne 12. Les 2 réunis donne donc 2112. Autre chose de légende, on retrouve « The Starman Emblem » sur la couverture arrière du disque, emblème qui deviendra récurrent avec Rush. Enfin, on retrouve la photo la plus emblématique du groupe, les 3 membres sont dans des kimonos en satin blanc, une photo mythique dont Dave Grohl se moque lors de son discours au Rock n’Roll Hall Of Fame pour introduire les 3 Canadiens.

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Cet album a 40 ans aujourd’hui, et il fait partie de ces albums qui continueront à vivre des décennies durant. Par sa créativité, son avant-gardisme, sa folie, son histoire, sa musique, 2112 mérite bien qu’on lui rende un hommage. Et surtout, il mérite qu’on l’écoute, que ça soit pour la première fois ou la 16ème. Il est impossible de se lasser d’une telle production. Alors Neil, Geddy & Alex, merci beaucoup, et bon anniversaire.