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Détroit – Horizons

Au-delà de Détroit, soyons clairs : personne n’en a quoi que ce soit à secouer de Pascal Humbert, talentueux bassiste au demeurant ( et c’est triste pour lui ). L’évènement de cet album, c’est le retour aux affaires de Bertrand Cantat, malgré l’omniprescence du souvenir de vous-savez-quoi (et son rabâchage incessant par les médias).

Retour aux affaires, donc, dans Horizons, un album éperdument attendu par les fans du beau Bertrand, noirs désirs d’une génération qui recherche son groupe phare depuis que la Lituanie s’est imposée de force comme résidence secondaire pour Cantat.

Moins écorché vif que jadis, Cantat semble avoir perdu son acidité et sa verve d’antan ( Ma Muse  et son texte aux allures de slam de collégien ) , au profit de textes introspectifs parfois bien sentis (Horizon, qui aborde la pénibilité de la détention) et de choix parfois douteux. J’en veux pour témoin Le Creux de ta Main, dont le refrain – banal – se contente de rappeller « je t’aime mais je ne te tiens pas au creux de ma main », troublante allusion à la fin de sa relation avec vous-savez-qui. Autre choix douteux, cette pénible reprise de Avec le Temps (de Léo Ferré), aux paroles équivoques, et pas nécessairement chantées par la bonne personne, eu égard à vous-savez-quoi.

Inégal, Horizons possède pourtant en Droit dans le Soleil une pépite poignante où la voix torturée de l’homme de Vilnius fait encore une fois mouche. Comme avant.

Avant. Ce temps-là est révolu. Noir Désir n’existe plus. Bertrand Cantat n’est plus ce personnage fantasque. Il ne crie plus. A travers cet album, Cantat s’ouvre et vide son sac à mots couverts. L’ombre de « l’affaire Cantat » l’étouffe. Elle le hante. Elle le dévisage. Défigure.

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