Adam Janzi (VOLA) – « Vola fait définitivement de moi une personne moins timide. »

A l’occasion de la sortie du troisième album du groupe dano-suédois Vola le 21 mai prochain, nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Adam Janzi, le batteur du quatuor.

Granny Smith : Salut Adam ! Avant tout, merci de prendre le temps pour répondre à nos questions !

Adam : Salut ! Merci de m’accueillir ! 🙂

GS : Ton intégration musicale au sein de Vola est rapidement apparue comme étant très naturelle et réussie, peux-tu nous en dire plus ?

A : Je suis totalement d’accord avec le fait que ça a été naturel ! Depuis que j’ai commencé à jouer avec le groupe, j’ai senti que j’avais clairement une place dans le son de Vola. Ça nous a tous surpris à quel point les morceaux qu’ils avaient écrit à l’époque pour Applause of A Distant Crowd semblaient être écrits spécifiquement pour mon style. Il y avait une salle pour moi pour que j’y ajoute mes idées avec mon jeu de cymbales et faire évoluer les compositions.

GS : Depuis ton arrivée dans le groupe, on peut sentir une certaine différence dans le jeu de batterie. Comment as-tu intégré tes idées et ton style au sein de la musique de Vola ?

A : Comme je l’ai mentionné, les chansons se prêtaient déjà ouvertes à mon style, avec les cymbales par exemple. M’accommoder au son de Vola est donc venu assez naturellement. Je devais cependant envisager de m’adapter à une partie d’un son qui existait déjà avant mon arrivée. En gardant cela à l’esprit, je pouvais garder le son de Vola mais en y ajoutant ma pâte. Je suis content que mon jeu de cymbales ait trouvé sa place dans Vola.

GS : Dans quelques interviews, tu dis être une personne timide et réservée, est-ce que ce trait de caractère impacte ton travail dans Vola ?

A : Oui, je dirais que cela a un impact sur mon travail dans Vola, mais aussi que mon travail au sein du groupe a un impact sur ce trait. Vola fait définitivement de moi une personne moins timide. Je dirais que les caractères de chaque membre ont un impact sur le groupe et son son. Fondamentalement, notre musique est le reflet de nous-mêmes mais aussi de nos inspirations combinées.

GS : Le monde du spectacle a été complétement mis à l’arrêt à cause de la pandémie de la COVID-19. Comment te sent-tu par rapport à cette situation ?

A : Oui en effet, une grande partie de l’industrie musicale a été complètement mise à l’arrêt durant cette pandémie. Je ne me sens vraiment pas bien par rapport à tout cela, ça a un impact dévastateur sur de nombreuses personnes et sur de nombreux emplois. Mais c’est comme ça. J’essaie plutôt de faire ce que je peux pour rester en sécurité et profiter de la musique comme je le peux.

GS : L’initiative du “Creator Pack” a été très positivement reçue par les fans de Vola, d’où est partie cette idée ?

A : Ce truc avec les “Creator Pack” c’est quelque chose que nous avons vu d’autres groupes faire, et nous avons simplement senti que c’était quelque chose que nous pouvions également tenter, d’autant plus que c’est toujours un grand plaisir d’entendre les détails du mix de Jacob Hansen. Nous sommes très heureux que les gens apprécient autant nos “Creator Pack” !

GS : Le prochain album de Vola intitulé Witness sortira le 21 Mai durant la pandémie de la COVID-19, est-ce que ce contexte a affecté votre processus créatif ? Et d’un point de vue personnel, comment ça s’est passé pour toi ?

A : L’album était déjà écrit et en partie enregistré lorsque la pandémie est arrivée. Puis les choses qu’il restait à enregistrer ont été captées depuis la maison d’Asger. La seule chose que nous avions à faire était de nous rassembler pour filmer le clip de “Head Mounted Sideways” et nous y sommes parvenus. Pour ma part, j’ai réussi à enregistrer mes parties de batterie juste avant le début de la pandémie, donc cela n’a pas affecté ma part du processus de création.

GS : Tu as aussi d’autres projets dont Odd Covers avec Héli Andréa qui officie dans Mobius et Olane à côté de Vola. Est-ce que cette collaboration te permets d’explorer des styles musicaux différents de Vola ?

A : Oui ! C’est vraiment un plaisir de travailler avec Héli Andréa. C’est une musicienne extraordinaire ! Faire de la musique avec elle, dans le projet Odd Covers par exemple, me permet d’explorer des influences et des champs musicaux qui ne sont pas compatibles avec Vola, oui. C’est en fait une façon pour moi d’explorer d’autres voies que j’apprécie également.

GS : Le groupe a vite grandi et est rapidement devenu un nom réputé dans la scène prog, comment perçois-tu cette percée de popularité ?

A : Je suis très heureux de voir que les gens apprécient notre musique, c’est basiquement ce sur quoi je porte mon attention. C’est très agréable de voir notre musique toucher de plus en plus de gens avec des ondes positives !

GS : Est-ce que vous avez commencé à écrire de nouvelles choses juste après la sortie de Applause of A Distant Crowd ou avez-vous décidés de faire une pause et de juste tourner ?

A : Après Applause of A Distant Crowd, nous avons fait une pause dans l’écriture et nous nous sommes plutôt concentrés sur la tournée. Après notre tournée en tête d’affiche en 2019, nous avons commencé à nous concentrer sur l’écriture de nouvelle musique.

GS : On retrouve dans la musique de Vola des influences allant du Rock Progressif des années 70’s à de la musique plus moderne. Est-ce difficile de canaliser toutes ses inspirations pour en faire votre propre musique ?

A : En fait, ce n’est pas trop difficile, cela nous semble très naturel. Nous faisons juste de la musique qui nous semble être bonne, et que cela vienne d’une influence des années 70’s ou d’une influence moderne, ce n’est pas quelque chose à quoi nous pensons activement.

GS : Applause of A Distant Crowd a été largement accueilli comme un superbe album. Est-ce que cela vous a mis de la pression lors de la conception de son successeur Witness ?

A : Cela nous fait très plaisir de voir à quel point Applause of A Distant Crowd a été bien reçu. Mais cela ne me met pas la pression, car nous voulons faire quelque chose qui va dans le sens de l’album précédent. Witness n’est pas censé être la deuxième version d’un de nos albums précédents et je pense qu’il est sain d’avoir un état d’esprit qui n’inclut pas trop de pensées compétitives. La réalisation de ce troisième album s’est donc déroulée de manière plus détendue. La seule grande règle a été d’éviter de faire un album que nous avons déjà fait auparavant.

GS : Entre Inmazes et Applause of A Distant Crowd on entend beaucoup de différences. On peut sentir sur “Head Mounted Sideways” et “Straight Lines” une sorte de retour du son primaire de Vola. Est-ce que Witness suit cette tendance ?

A : Witness semble être une évolution naturelle de Inmazes et Applause of A Distant Crowd. Des aspects clés de ces deux albums se sont infiltrés dans Witness et ont créé quelque chose de nouveau. Nous avons définitivement exploré certaines choses sur Witness que nous n’avions jamais faites auparavant.

GS : Combien de temps a t-il été nécessaire pour réaliser Witness (écriture, enregistrement, mastering etc..) ?

A : Je dirais que Witness a probablement pris un peu plus d’une année complète du début à la fin, y compris pour terminer l’écriture des chansons, l’enregistrement, le mixage, le mastering etc…

GS : Sur “Head Mounted Sideways” on peut entendre du vocodeur sur la voix d’Asger, ce qui est une pratique qui commence à devenir une sorte de tendance dans la scène prog. Que penses-tu à propos de l’émergence de ce genre de nouveaux codes ?

A : J’ai été très surpris quand j’ai entendu ça la première fois sur la démo du morceau. J’aime la façon dont Asger l’a incorporé dans la chanson. Je n’écoute pas beaucoup de prog ces derniers temps donc je n’ai pas tellement de référence. Mais c’est un effet cool, c’est sûr !

GS : Vola est perçu par beaucoup d’observateurs comme un véritable vent d’air frais dans le scène prog. Qu’en penses-tu ?

A : C’est un grand compliment, c’est tellement agréable à entendre, surtout vu le nombre de bons groupes qui existent aujourd’hui. Nous essayons juste de faire de la musique que nous apprécions vraiment, et je pense que peu importe si les gens aiment notre musique ou non, elle sonne comme nous. C’est quelque chose que nous cherchons toujours à faire, et je suis heureux d’entendre qu’elle est perçue comme fraîche.

GS : Avec Vola vous avez une playlist Spotify intitulée “Vola Listens to” regroupant ce que le groupe écoute en ce moment. As-tu fait des découvertes musicales en 2020 ?

A : Oui ! C’est vraiment amusant d’ajouter des chansons que nous aimons à cette playlist et de voir nos fans découvrir de la nouvelle musique grâce à nous. J’ai personnellement fait de très belles découvertes en 2020, comme Apparat Hailin From The Edge et Dreaming Of GhostsNot Real Anymore.