Vexed – Culling Culture

Napalm Records est un label qui compte dans le metal actuel alors il est souvent intéressant de guetter les nouvelles signatures surtout quand on est dans du metal moderne avec une alternance chant clair/chant crié à l’instar d’un Jinjer, The Agonist ou Sumo Cyco. Aujourd’hui plongeons ensemble dans Culling Culture, le premier album des anglais de Vexed !

Vexed est un combo en provenance de l’Hertfordshire au nord de Londres et qui a vu le jour très récemment en 2018, né sur les cendres du précédent groupe des quatre membres intitulé VNDTA. Difficile de savoir pourquoi le rebranding a eu lieu mais c’est en tout cas un quatuor qui se connait de longue date à l’origine de ce tout premier album : Culling Culture.

Il faut dire que le groupe a frappé fort en 2019 avec la sortie de son premier single « Elite » comprenant comme invité spécial CJ McMahon de Thy Art Is Murder. Un invité bien à propos d’ailleurs tant le groupe de deathcore australien semble être une source d’inspiration pour Vexed notamment dans la manière d’équilibrer la violence de la musique par des moments plus aérien au sein d’un même morceau.

Afin de lancer Culling Culture dans le grand bain Vexed a décidé de frapper fort avec ses deux premiers singles. Tout d’abord avec « Hideous » qui permet de mettre en avant le chant de Megan Targett entre growl abrasif et chant clair aérien, puis avec « Epiphany » et son avalanche de riffs mettant le duoJay BaconCallan Hughes au centre de l’attention. Les deux titres sont une représentation fidèle de ce que nous propose le groupe sur cet album : un modern metal qui oscille entre metalcore et deathcore, sublimé par les prouesses vocales d’une chanteuse stupéfiante.

Ces dernières années ont vues l’éclosion de chanteuses de talent dans la sphère metal au sens large avec Tatiana Shmayluk (Jinjer), Courtney LaPlante (Spiritbox), Emma Boster (Dying Wish), Serena Cherry (Svalbard) et bien d’autres, il faut désormais compter sur Megan Targett. La frontwoman de Vexed est à la fois la base, le liant et la cerise sur le gâteau de la musique du combo. On est frappé d’entrée par son growl venu des abysses, sa capacité à presque rapper par moment (« Fake » et « Weaponise ») et surtout par la versatilité de son chant clair. Elle est capable d’être sur quelque chose de très pop (« Hideous » ou « Purity ») et même de monter dans les aigües (« Misery » ou « Aurora »), c’est saisissant.

Culling Culture choque dans le bon sens de terme pour sa cohérence alors que c’est la première sortie du groupe en dehors des deux singles de 2019, « Elite » et « Dominate ». Souvent on note du potentiel sur un premier EP, une confirmation sur le second et enfin un premier LP aboutit. Vexed a réussit le petit exploit de proposer une recette cohérente et maitrisée dès sa toute première offrande. Attention le combo ne réinvente en rien la roue dans le metal moderne actuel. On sent clairement les influences prédominantes des musiciens notamment de Thy Art Is Murder, Architects, Emmure ou encore un petit côté Hacktivist mais à chaque fois que le sentiment se fait ressentir, le groupe a l’intelligence de ramener sa touche propre. Au final cela donne des perles comme « Aurora » ou « Epiphany » qui sont les deux titres les plus marquants de cet opus.

Si vous avez suivi depuis le début il n’y a pas de bassiste dans le groupe, même sur scène. Sans doute enregistré par un des deux guitaristes, celle-ci est pourtant bien présente sur cet opus que ce soit en appui des riffs les plus progressifs ou alors en duo avec la batterie de Willem Mason-Geraghty. Et en parlant des guitaristes, mention très spéciale pour Jay Bacon qui semble agir comme principal compositeur. Le musicien se révèle sur cet opus par un véritable sens de la mélodie même dans les moments les plus violents de la musique de Vexed, on pensera notamment à la partie lead aérienne sur « Fake » alors que le reste de ses comparses sont en train d’ouvrir les portes des enfers.

Le mot mélodie représente d’ailleurs à merveille Culling Culture et c’est pour cela que malgré des influences reconnaissables, le groupe ne ressemble à personne d’autre sur la scène. C’est ainsi que l’on se retrouve avec un titre deathcore au possible qui va côtoyer ensuite un morceau qui flirte en djent et post-rock, le tout épicé par l’incontournable Megan Targett.

Vexed frappe un énorme coup dans la fourmilière avec Culling Culture et Napalm Records tient sans doute sa prochaine pépite. Cet album est un concentré de ce qui se fait mieux dans le metal moderne actuel avec toujours un petit twist maison pour s’extirper de la masse. Ne vous fiez pas aux chroniques hasardeuses qui mettront Vexed dans le même panier que Jinjer, les deux groupes n’ont rien en commun. Les anglais viennent en tout cas de sortir un premier album sans aucun défaut et rien que pour ça, chapeau bas !