Beartooth – Disease

Oui, vous ne rêvez pas, c’est bien une chronique d’album sur Granny Smith. Merci au chatoyant MattRouq de nous proposer le nouvel album des sémillants Beartooth. Un album qui devait faire face à pas mal de hype, suite au succès des deux premiers LP de la bande à Caleb Shomo.

Caleb Shomo l’avait d’ailleurs promis, à grands coups de Q&A en story Instagram : Disease serait le meilleur album de Beartooth. De quoi renforcer un peu plus l’attente autour du troisième effort du groupe de Columbus, Ohio, qui était déjà bien haute vu les succès qu’ont été Disgusting, puis Aggressive, ce dernier se hissant sur le podium des chats américains (3e au Billboard Hard Rock et 2eme au Billboard Indie). Malgré tout, écoutés à froid, les deux premiers singles, « Infection » et « Bad Listener », soufflaient un peu le chaud et le froid. Suivront ensuite « Disease » et « Manipulation », qui rassureront les fans et continueront à rajouter de l’essence dans le train de la hype. Malgré tout, quand on sait que la galette contient 12 titres, on grince un peu des dents à l’idée d’avoir déjà écouté un tiers de l’album avant même sa sortie.

Disease s’ouvre avec « Greatness or Death », et son refrain, accompagné d’une petite guitare acoustique. Clin d’oeil à « King of Anything », la ballade qui venait clore Aggressive ? Peut-être. En tout cas, après cette introduction calme, on part sur un morceau très rock, avec un léger breakdown et un refrain catchy. La recette classique de Beartooth, qui met bien l’auditeur dans le bain. Même formule sur le morceau suivant : « Disease ». Une intro au chant clair, avec des instrumentaux peu présents. Toutefois, ce titre est un ton en dessous des autres, malgré un refrain encore bien entraînant et un breakdown efficace. Avec ses 3’48 », il est en revanche le plus long.

On enchaîne avec « Fire », au rythme plus rapide et sa ligne juste avant le refrain, « Scream ready aim fire » ultra-efficace. Viens ensuite « You Never Know », sur lequel Caleb Shomo sort un filtre un peu étouffé sur sa voix pendant les couplets, pour mieux exploser sur les refrains. Le procédé fonctionne et on bouge la tête. Malgré tout, après un tiers de l’album, ce n’est pas encore la claque absolue promise par le frontman. C’est très bien produit, les refrains sont catchys, les breakdown sont efficaces, mais c’est tout.

Afterall et Enemy, alerte au tube

Heureusement, la suite de l’album va faire monter un peu plus le niveau. En premier lieu, « Bad Listener », le meilleur des quatre singles, le morceau bagarre par excellence, l’un des plus réussis de l’histoire du groupe. Caleb Shomo est de retour sur du scream et la totalité des 3’28 » ressembleront sans doute à un immense pogo en live. « Afterall » à la dure tâche de venir juste après, mais le titre, dans un registre similaire au premier tiers de l’album, fait plus que le job. On a l’impression que Beartooth a passé la seconde. Le refrain est encore plus catchy, la voix du chanteur est plus chaude, et on ressort de l’écoute avec une bonne dose d’énergie.

Tir groupé ensuite sur « Manipulation » et « Enemy ». Le premier, dévoilé parmi les quatre singles, fonctionne beaucoup mieux au cœur de l’album que tout seul. « You’re wearing the crown of kingdoms I created » est sans doute une des meilleures lignes de tout l’album, le refrain dans son intégralité est excellent. Mais le problème de cette chanson, c’est qu’elle vient après « Afterall » et qu’elle précède « Enemy », les deux titres avec les refrains les plus catchys et l’énergie la plus palpable. Ce dernier est probablement le meilleur morceau de l’album. Un vrai tube en puissance.

La ballade pour finir, c’est oui

Après ce deuxième tiers excellent, « Believe » continue sur la même lancée. Pour bien aller avec ce titre, on a vraiment une sensation d’optimisme sur ce morceau. Même si Caleb Shomo nous explique qu’on est tous perdus et seuls et qu’on ne sait pas où aller, et bien on a bien envie d’y aller quand même. « Infection » est un peu plus sombre, mais reste dans la lignée de l’album, avec un refrain très efficace, surtout sa dernière ligne, avec une montée dans les aigus suivie d’un grand cri. Techniquement, c’est un joli tour de force de la part de Caleb.

« Used and Abused » est placé en avant-dernière position. Il fait office de dernier moment de bagarre de l’album, avec des guitares bien énervées dans les couplets, puis un refrain encore catchy (c’est redondant mais c’est vrai). Pour les amateurs de bagarre, le breakdown sera quand même à retenir, histoire de distribuer quelques poussées bien senties (arrêtez de mettre des vraies patates dans les pits bande de fdp, allez faire du MMA). Pour finir, la chanson de la douceur, « Clever ». Ce n’est pas vraiment une ballade comme l’a été « King of Anything » sur Aggressive, mais ça reste un morceau parfaitement inadapté à la bagarre. Et pour la dernière fois… le refrain ne rentre pas en tête. Surprise. On ne le retiendra pas par cœur en deux écoutes, mais tout de même, qu’est-ce qu’il est efficace. Pour clore ce Disease, c’est parfait.

En résumé, est-ce que Disease est bien le meilleur album de Beartooth ? Trois semaines après sa sortie, c’est encore difficile à déterminer. Dans les charts, ce troisième album a déjà surpassé ses aînés, en atteignant la première place du Billboard Hard Rock et Indie. Mais musicalement, il faudra voir dans un an si les riffs et les refrains sont toujours aussi efficaces que ceux de Disgusting et Aggressive. Toutefois, avec une production aux petits oignons, des refrains catchys à tour de bras, des breakdown efficaces et une bonne alternance entre chant clair et screams, Disease est sans doute l’album le plus accessible de la bande de l’Ohio. En tout cas, c’est un effort très, très solide pour Beartooth.