Granny’s Playlist #8 : Des tambours et des guerres, les joies du Néofolk

Notre Dj Sjoehyenar est de retour avec une playlist qui sent bon la bagarre et la douceur. Un bon résumé du maître des playlists au final. Les beaux jours arrivent, mais son envie de se battre reste. En douceur et finesse, cette fois-ci. 

Il est venu le temps du printemps, de l’été s’approchant jour après jour, des journées ensoleillées et des dîners sur la terrasse de ta belle et grande maison, le soir venu, le tout accompagné de madame et de quelques chérubins. Bon. Tout ça, qu’on se le dise, c’est sur le papier. Au final, nous savons, toi et moi, que tu es plutôt du genre à te foutre au fond de ton lit à suer quelques litrons de graisses tout en buvant le reste de saveurs houblonnées de la veille. Toi et moi, nous savons aussi que ce beau temps est le moment idéal pour ouvrir les fenêtres et, connards et connasses que nous sommes, casser l’ambiance générale de ton quartier en y imposant tes choix et goûts musicaux. Surtout si cela nous permet d’emmerder Mégane, 18 ans, et grande fan de Hardcore et de BMTH et de son beau, grand et talentueux leader Oliver Sykes – certaines affirmations sont fausses ici.

Cette musique enchantée se déferle alors dans tes basses mal-réglées et ta platine foireuse. La grande question étant : qu’allons-nous écouter durant ces journées ensoleillées ? De la violence pure signée Nails et Converge ? Nous avons assez donné durant ces longs mois hivernaux. Le stoner chiant de notre rédacteur en chef ? Très peu pour moi. Le choix de cette huitième playlist se tournait alors entre deux genres foutrement opposés : d’un côté de l’industrial hip-hop vénère, survolté et parfois légèrement drogué, et de l’autre côté, du bon Néofolk des familles – et ses dérivés – flirtant avec la joie de vivre, la langue allemande, l’utilisation d’iconographies parfois douteuses chez certains ou encore ces sonorités si particulières et imposantes. Nous avons décidé ce second choix, nappé de délicatesse, de nihilisme et de guerres. La Grande Guerre.  

Entre rythmes martiaux répétitifs, claviers industriels, touches médiévales et ambiances nietzschéennes, cette huitième playlist signée Granny Smith nous plonge aujourd’hui dans le répertoire des grands du genre. Du très critiqué Douglas Pearce (Death in June) et sa fascination pour l’imagerie nazie et ses symboles, au poète écorché, aux textes mystiques et ésotériques, qu’est David Tibet (Current 93), de la nouvelle génération portée par les King Dude et la machine à tubes Rome, de la vague allemande des Darkwood et Jännerwein, en passant par les Français de Geoffroy « Geoffroy D. » Delacroix (Dernière Volonté) et son virage military synth-pop, qu’on se le dise, cette huitième playlist, à l’image du Néofolk, sera aimée ou détestée, mais ne laissera guère insensible.

En attendant, l’heure est venue pour vous de réviser vos partitions militaires, votre langue allemande et d’enfiler vos plus beaux vêtements. Tout de noir vêtu, qu’importe le soleil, le couteau entre les dents, et comme on aime le répéter chez nous : All Pigs Must Die.