Behemoth @ Transbordeur 17/01/19 – La messe est dite

Le 17 janvier se tenait l’Ecclesia Diabolica Evropa 2019 e.v. TOUR au Transbordeur (Villeurbanne). Retour sur notre pèlerinage en lieu de culte.

Wolves in the Throne Room

19h30 pétantes, Wolves in the Throne Room débarque sur scène pour commencer son set. Malheureusement pour eux, la route des premières parties est souvent semée d’embûches et commencer si tôt entraîne inévitablement une salle est très peu remplie et carrément pas motivée à lever ne serait-ce qu’un poil de cul.

Le groupe entame “Angrboda” issu de leur très bon album Thrice Woven sorti en 2017.
Bon, on est sur du black atmo donc indubitablement l’atmosphère est volontairement flottante et onirique, et les morceaux sont longs. Tout ce qu’on aime, en théorie.

Pourtant, le beau tableau de ma hype que j’avais peint au départ dans ma tête va très rapidement se retrouver noirci. La mise en scène est indiscutablement très primaire, deux kakemonos sont posés ça et là sans grand intérêt, n’apportant rien de convainquant au show.
Le groupe enchaîne donc dans un décor peu flatteur ses titres devant une fosse peu convaincue et qui n’aura d’ailleurs aucun scrupules à quitter l’audience pour traîner du côté du bar. Renforcée par l’absence d’interaction avec le public, l’ambiance qui en ressort demeure ainsi très fade, froide et inerte.

De nombreux groupes de black atmosphérique arrivent très bien à donner une sensation de froideur et de distance impalpable à ses prestations, mais personne ici n’est vraiment rentré dans l’univers proposé par WITTR.
Dommage d’ailleurs, car sur le papier ils ont tout pour plaire, et le son qu’ils produisent en studio est sensible et rigoureux. Étonnant donc que la mayonnaise ne soit pas montée lors de cette entrée en matière au Transbordeur.

Il faut dire aussi qu’ouvrir At The Gates et Behemoth n’était peut être pas le choix le plus cohérent pour souligner la musique des Loups. C’est donc par une petite déception que débute cette soirée. Ai-je mis trop d’attente dans ce concert ? Peut-être. Est-ce que le public complètement apathique face à cette prestation a joué sur mon ressenti ? Probablement.

A revoir donc, mais dans un contexte peut être différent.

At The Gates

Première fois qu’At The Gates nous fait l’honneur de fouler nos terres lyonnaises. Le groupe emmené par un chanteur aux allures limites redneck et à la casquette “TRVE” vissée sur la tête entre en scène et débute par “To Drink From the Night Itself”.
Tomas Lindberg (Chant) et ses camarades nous entraînent petit à petit dans leur délectable death mélo avec des morceaux tels que “At War with Reality”, “Cold” ou encore le très bon “Blinded by fear”.

La fosse, timide au départ, est de plus en plus emballée par la prestation des suédois et commence à bouger de bon coeur.

Je dois avouer qu’At The Gates, à la base, n’est pas ma tasse de thé. Pourtant, l’énergie du groupe et les talents indéniables du chanteur pour chauffer le public m’ont séduite au bout de deux morceaux à peine.

Effectivement, vocalement et musicalement très juste et précis, le groupe dispose en plus d’une chaleur et d’un dynamisme tous deux incroyables. Rien qu’à écouter certaines personnes en parler dans la salle, on se rend vite compte que c’est probablement cette recette qui a fait d’At The Gates de véritables légendes du death mélo au yeux de beaucoup aujourd’hui.

En bref, on peut affirmer sans aucun doute que la première d’At The Gates à Lyon aura été un franc succès et aura permis de réellement chauffer le public pour le show indescriptible de blackened death qu’allait nous proposer la Bête juste après.

Behemoth

Un voile noir tombe, littéralement, sur le devant de la scène du Transbordeur. La salle est remplie, les lumières laissent place à la pénombre et une courte séquence vidéo se retrouve projetée sur le voile, avec pour seul accompagnement un choeur d’enfants en fond sonore.
Sur ce voile on peut lire une silhouette de la France, blanche sur fond noir, où apparaît doucement une noire croix inversée. Le ton est donné, la messe noire peut commencer.

Le voile tombe, Behemoth entre sur scène et entame “Wolves ov Siberia” accompagné d’un jeu de scène qui lui aussi va annoncer la couleur pour la suite. Le groupe enchaînera pendant toute la durée du set sur des interprétations remarquables de “Ora Pro Nobis Lucifer”, “God = Dog” ou encore l’emblématique “Blow Your Trumpets Gabriel”.

La mise en scène sublime les morceaux et donne un show impressionnant, entre effets de fumée et d’étincelles, le tout dans une atmosphère de messe satanique à en faire pleurer Ghost de jalousie.

Pour avoir vu Behemoth plusieurs fois, je dois admettre que je suis impressionnée par la variété pourtant très homogène dans le ton des shows qu’ils ont pu proposer aux fil de ces dernières années. Le groupe a su faire évoluer son jeu de scène et le décor qui l’accompagne, tout en restant dans ce thème anti-chrétien et gloire à Satan qui lui tient tant à coeur.
Et même si on reste toujours dans un spectacle à l’américaine dont la surinterprétation flirte avec la limite du cliché grotesque, ça marche complètement.

Au diable la sobriété et la simplicité, les membres du groupe s’éclipsent régulièrement en coulisse pour changer de tenues. Nergal et ses compères alternent ainsi entre masques vénitiens, coiffe papale pour le frontman, vêtements liturgiques et costumes ecclésiastiques détournés laissant apercevoir leur corpse paint. Le décor n’est pas en reste, puisqu’on retrouve les fameux pieds de micro aux têtes de serpents qui semblent tout droit sortis des enfers.

On est frappés de remarquer au fur et à mesure du concert que le charismatique Orion (basse) s’affirme de plus en plus scéniquement comme le bras droit de Nergal, en imposant de par son jeu, son chant et par le sang qu’il crache aléatoirement sur un public fasciné.
Sur “Lucifer”, il portera même une coiffe à plumes aux allures vaudou, se détachant donc aussi physiquement des autres membres (hors Nergal) de Behemoth.

Au final la prestation des polonais est impeccable, et même si la setlist m’a beaucoup moins enjouée que mes concerts de Behemoth précédents, rien ne dépassait, on était sur un show millimétré et minutieusement orchestré du début à la fin.

 

Malgré quelques déceptions par ci par là, c’est donc encore une superbe date que nous ont proposé Live Nation & La SAS que l’on remercie chaleureusement.